Publication d'un nouveau livre sous le titre "Complexité, transformations structurelles et convergence économique" édité par le Laboratoire d'Economie Appliquée de la FSJES d'Agdal.


Avant-Propos du livre

Depuis maintenant plusieurs décennies, tout se passe comme si nous étions dans une nouvelle dynamique économique. En dépit des progrès réalisés et de la capacité à résister aux chocs exogènes qu’a manifestée l’économie marocaine, des fragilités persistent et s’exacerbent notamment en raison de la lenteur des réformes structurelles et de la difficulté des gouvernements à répondre aux exigences sociales.

Les faits stylisés de l’économie marocaine révèlent plusieurs caractéristiques dont notamment le recul de la volatilité du taux de croissance, la persistance de sa dépendance aux performances du secteur agricole et surtout son insuffisance par rapport aux énormes exigences sociales. En effet, le trend actuel du taux de croissance ne permet pas l’amélioration de niveau de vie des populations : le PIB par habitant a été inférieur à celui de la moyenne mondiale et plus particulièrement à celui des pays émergents.

Il va sans dire que la croissance économique, entendue dans le sens d’amélioration continue de la production des mêmes produits, à elle seule ne peut pas venir à bout   aux goulets d’étranglement qui bloquent le processus de développement.

La littérature empirique révèle la difficulté qu’éprouve le pays à s’inscrire dans le processus menant à plus de complexité, à se déployer dans le segment des produits à haute technologie et donc d’éviter le piège de ce que les économistes Eichengreen, Park et Shin ont appelé “la trappe des pays à revenu intermédiaire (PRI)”. 

Le livre est disponible sous format papier
aux locaux du département des Sciences Economiques
au siège de la Faculté.

Il est unanimement admis aussi bien par la littérature empirique que par les rapports institutionnels y compris le rapport sur le NMD le rôle déterminant de facteurs tels que le capital humain (dans ses multiples dimensions à savoir l’éducation, la santé, ...), la qualité des institutions, le droit de propriété et l’efficacité des gouvernements. Ce qui devrait se traduire par des stratégies de développement cohérentes ayant pour arrière-plan l’idée selon laquelle le développement économique est surtout un processus de transformation structurelle ayant pour fondement non seulement le déverrouillage du passage de la complexité intermédiaire à la complexité avancée mais aussi  l’appropriation et la capitalisation des capacités afin de produire de la croissance notamment dans les activités à haut niveau de productivité tout en faisant accroitre le niveau de bien-être des populations.

C’est pour répondre à cette problématique que le laboratoire d’économie appliquée a organisé conjointement avec le département des sciences économiques de la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales (FSJES) Rabat-Agdal  dans le cadre du projet PPR 2 : "Exportations et croissance   économique : analyse des transformations structurelles de l’économie Marocaine", plusieurs webinaires de recherche  suite à l’appel à contribution lancé quelques mois avant la pandémie et  reconduit  sous formes de rencontres virtuelles . Durant ces échanges, doctorants et praticiens ont pu approfondir le débat et proposer des pistes d’améliorations aussi bien au niveau du détail des essais quantitatifs que du côté des tentatives d’interprétation et d’analyse économique. Le présent ouvrage se propose, ainsi, de réunir dans ce volume les papiers qui ont traité directement les questions de complexité, de transformation structurelle et de convergence. 

Réforme financière et mutations de comportement : la problématique de l'épargne financière au Maroc
Par : Hicham Cherradi et Said Tounsi

Résumé : La canalisation de l'épargne financière vers le secteur productif est une préoccupation centrale pour financer la croissance des pays de la rive sud de la Méditerranée et éviter de recourir à un endettement extérieur susceptible de remettre en cause les équilibres macroéconomiques. Paradoxalement, il existe au niveau de cette région une carence de statistiques permettant d'appréhender l'épargne financière. Le Maroc fait partie des pays qui ont engagé, depuis la deuxième moitié de la décennie 1990, des réformes de structure de son système financier les plus importantes à travers la modernisation du cadre légal et réglementaire et des infrastructures techniques. Toutefois, les mutations de comportement des acteurs tardent à se manifester. Le volume des actifs financiers drainés par le système financier marocain est l'un des plus important de la région sud-Méditerranée, mais ce dernier reste largement dominé par les entreprises financières. Peu de ménages détiennent des instruments financiers à cause principalement de leur niveau d'endettement, des inégalités de revenus et des distorsions fiscales. L'enjeu pour les pouvoirs publics serait d'élargir la base des épargnants notamment par l'introduction de nouveaux instruments financiers, l'éducation financière et la révision du système de retraite par répartition. 
Classification JEL : G23, O16, O43, O55.

Abstract : Financial Reform and Behaviour Change: the Problem of Financial Savings in Morocco Channeling financial savings to the productive sector is a central concern to finance the growth of the countries of the southern of the Mediterranean shore and to avoid resorting to external debt that could question the macroeconomic balance. Paradoxically, there is a lack of statistics regarding this region to understand financial savings. Morocco is one of the countries that has undertaken the most important structural reforms of its financial system since the second half of the 1990s through the modernization of the legal and regulatory framework and technical infrastructure. However, changes in actors behavior are slow to manifest. The volume of financial assets drained by the Moroccan financial system is one of the largest in the southern Mediterranean region, but the latter remains largely dominated by financial firms. Few households hold financial instruments mainly because of their level of debt, income inequality and tax distortions. The challenge for governments would be to broaden the base of savers, notably through the introduction of new financial instruments, financial education and the revision of the pay-as-you-go pension system.
Classification JEL : G23, O16, O43, O55.

Citer ce document : Cherradi, H. & Tounsi, S. (2019). Réforme financière et mutations de comportement : la problématique de l'épargne financière au Maroc. Revue d'économie financière, 136(4), 359-375. doi:10.3917/ecofi.136.0359.


Le Laboratoire d’Economie Appliquée lance après actualisation un Appel à contribution sous le thème:



Les politiques macroéconomiques au Maroc et dans les pays en développement : quelques études empiriques
Comité scientifique : Abdelaaziz Ait Ali, Ahmed Bousselhami, Idriss El Abbassi, Amine Marrat, Lahcen Oulhaj, Aziz Ragbi, Said Tounsi.


Préface du livre :

L’analyse des mutations qu’a connues l’économie marocaine après la crise économique et financière de 2008, offre l’opportunité d‘évaluer l’orientation des politiques macroéconomiques gérées dans un contexte relativement difficile, mettant à l’épreuve les décideurs publics en matière de politique économique et leur engagement à préserver la stabilité du cadre macroéconomique. Un diagnostic approfondi revient à apprécier la pertinence des choix de politiques macroéconomiques par rapport aux objectifs qui leur sont assignés. C’est dans cet esprit que cet ouvrage propose de fournir un cadre de réflexion qui s’articule autour de deux axes (i) le triptyque politique monétaire, ouverture du compte capital et régime de change au Maroc et (ii) les Implications et contraintes sur l’orientation de la politique budgétaire dans les pays en développement de manière générale.


Télécharger le livre
Cet ouvrage est le fruit d’un séminaire sur la thématique « Les politiques économiques et le financement dans les pays en développement », co-organisé le 8 Novembre 2017 dans le cadre d’une collaboration entre le Policy Center for the New South et le Laboratoire d’Economie Appliquée de la Faculté des Sciences juridiques, économiques et sociales Rabat-Agdal (LEA/FSJES), faisant suite à un appel à communication. Il est à souligner que les versions révisées et validées des travaux de recherche se sont focalisées sur les problématiques macroéconomiques, notamment budgétaire et monétaire, et ce dans le contexte marocain. Initialement dédié à couvrir la politique économique dans sa globalité et la problématique de financement, le Comité scientifique a choisi de se pencher sur les travaux qui traitent des politiques macroéconomiques au Maroc. Cet ouvrage est la troisième publication qui réunit les deux organismes, les deux précédents avaient pour titres : « Politique budgétaire et activité économique au Maroc : Une analyse quantitative » et « Equilibres externes, compétitivité et processus de transformation structurelle de l’économie Marocaine ».

Nous exprimons nos vifs remerciements aux équipes de recherche en économie et développement, entreprenariat et institutions, relevant de la Faculté des Sciences juridiques, économiques et sociales de l’Université Abdelmalek Essaidi, de Tanger, pour leur soutien scientifique et leur contribution à l’aboutissement de ce projet.


Que toutes celles et ceux qui ont contribué à l’élaboration de ce travail, trouvent ici l’expression de notre gratitude et notre reconnaissance.
Le Laboratoire d’Économie Appliquée et le Policy Center for the New South organisent un séminaire pour présenter le livre "Ouverture, productivité et croissance économique au Maroc" coordonné par le Professeur Abellatif Chatri
Le 24 Juin, de 14h00 à 17h00 dans les locaux du Policy Center for the New South.



Le Policy Center for the New South et le Laboratoire d’Économie Appliquée (Université Med V) se sont engagés dans un projet de recherche, appuyé par le Centre National pour la Recherche Scientifique et Technique, visant l’approfondissement des connaissances et d’analyses sur l’ouverture et les transformations structurelles de l’économie marocaine. Plusieurs manifestations et activités scientifiques ont été ainsi organisées, dont notamment la publication, en 2016, d’un ouvrage intitulé « Equilibres externes, compétitivité et processus de transformation structurelle de l’économie marocaine ».

Le lancement de ce projet de recherche coïncide avec une station des très importantes pour l’économie marocaine, et d’une étape cruciale de son évolution. Le ralentissement tendanciel de la croissance, persistance du chômage de masse, faibles gains de productivité, perte en compétitivité, lenteur de la transformation structurelle, approfondissement des inégalités, déclassement social... etc. sont autant d’indicateurs, dont la liste n’est pas fermée, qui plaident pour le dépassement du modèle de croissance poursuivi depuis plusieurs années. La nécessité de renouveler ce modèle fait aujourd’hui, et plus que jamais, l’unanimité. La manière d’y parvenir ne va pas pour autant de soi et ne se fera pas naturellement du jour au lendemain. Cependant, il serait illusoire de repenser ce modèle sans placer les défis que posent les questions d’ouverture, de compétitivité et de productivité au centre de la réflexion.

Le présent ouvrage vise à prolonger cette réflexion en mettant le curseur sur les deux principales fragilités auxquelles se heurte le rehaussement du potentiel de la croissance de l’économie marocaine, à savoir une ouverture peu réussie et une productivité au ralenti. En effet, si le Maroc a misé, depuis belle lurette, sur l’ouverture, force est cependant de constater que le bilan de cette ouverture est mitigé, et dans tous les cas en deçà des attentes. D’une certaine manière, la faiblesse des gains de productivité est à la fois la cause et la conséquence de ce bilan peu satisfaisant. Elle est la cause parce qu’elle affecte la compétitivité de l’économie nationale et exerce des pressions sur son offre exportable traditionnelle. Elle l’empêche aussi de monter dans la gamme et de se libérer du « piège » des activités à faible contenu en valeur ajoutée et en technologie. Cette faiblesse des gains de productivité peut être vue, par ailleurs, comme la conséquence d’une ouverture peu préparée, peu maitrisée et peu orientée vers un positionnement dans les chaines de valeur mondiales permettant de profiter pleinement de ses retombées en termes de diffusion technologique, de renforcement de la capacité d’absorption, d’apprentissage par les exportations et d’autre externalités susceptibles d’améliorer la productivité tant factorielle que globale.

Cet ouvrage s’inscrit justement dans ce cadre et vise à apporter plus d’éclairage sur les liens existant entre ouverture, productivité et croissance économique. Il comprend une série de papiers sélectionnés en deux temps par le comité scientifique. D’abord, l’appel à communications lancé en juillet 2017 a permis de sélectionner 12 papiers, qui ont été présentés et discutés dans le cadre du colloque organisé sur la même thématique le 22 février 2018 à l’Université Med V. Ce colloque a été, par ailleurs, une occasion pour proposer des pistes de réflexion plus pertinentes et des approches méthodologiques plus appropriées. Ensuite, et sur la base des rapports des évaluateurs anonymes des papiers reçus en réponse à l’appel à contribution lancé en mars 2018, le comité scientifique a sélectionné les 16 papiers de cet ouvrage. Tout au long de ce processus de sélection, le comité scientifique a veillé à ce que les papiers retenus pour publication garantissent la diversité requise tant d’angles d’analyse, que d’approches méthodologiques.

C’est ainsi que les papiers retenus ont été répartis sur quatre parties. La première comprend les travaux qui traitent des canaux macro-économiques d’impact de l’ouverture sur la productivité et la croissance. Les investigations ont notamment mis l’accent sur les retombées de l’ouverture sur l’accumulation des capitaux (humain et institutionnel), le transfert technologique, la capacité d’absorption et les efforts en innovation. La deuxième partie regroupe les travaux ayant privilégié l’approche sectorielle. L’impact de l’ouverture sur le développement du secteur industriel, l’apprentissage par l’exportation des entreprises manufacturières, l’intégration du secteur automobile, et la contribution du changement structurel à la croissance de la productivité en constituent les principaux axes de réflexion. La troisième partie est constituée des papiers qui traitent des chocs liés à l’ouverture (volatilité de la croissance, prix du pétrole) et des politiques qui peuvent en atténuer les effets (régime et gestion du taux de change). Finalement, la quatrième partie se veut comme un focus sur l’intérêt et les enjeux de l’adhésion éventuelle du Maroc à la CEDEAO.

PROGRAMME

14:00 – 14:15
Réception
14:15 – 14:45 
Ouverture
Karim EL AYNAOUI, Président – Policy Center for the New South (PCNS)
Lahcen OULHAJ, Directeur du Laboratoire d’Economie Appliquée de la Faculté des
Sciences Juridiques, Economiques et Sociales (FSJES/LEA) Rabat – Agdal
Saîd TOUNSI, Enseignant chercheur, LEA, Université Med V, Chef de projet «Exportations et transformations structurelles de l’économie marocaine »
14:45 – 15:45
Présentation et discussion du livre
Modérateur:
Idriss EL ABBASSI, Enseignant chercheur, FSJES/LEA Agdal - Université Mohammed V de Rabat
Intervenants:
Abdellatif CHATRI, (Enseignant chercheur, LEA, Université Med V): Présentation générale de l’ouvrage
Abdelouahab MAAROUF, (Enseignant chercheur, LEA, Université Med V): Performance à l’export et productivité des industries manufacturières au Maroc
Lahboub ZOUIRI, (Enseignant chercheur, LEA, Université Med V) : Ouverture, qualité institutionnelle et croissance économique : une investigation empirique
Zakaria EL FAIZ, (Doctorant, LEA, Université Med V): Ouverture et vulnérabilité de l’économie marocaine face aux chocs extérieurs : le cas de la variation des prix du pétrole
16:00 – 16:30
Commentaires, extensions et perspectives
Intervenants :
Larbi JAIDI, (Senior fellow au PCNS)
Ahmed LAABOUDI, (Enseignant chercheur, LEA, Université Med V)
16:30 – 17:00
Débat général & clôture
Capital account liberalization in morocco: is it compatible with fixed or flexible exchange rate regime?
By: Elhadj Ezzahid and Brahim Maouhoub

Abstract: This paper examines the opportunity of exchange rate regime flexibilization in Morocco under the policy of capital account liberalization. Basing on our findings in EZZAHID et MAOUHOUB (2014), we develop a new theoretical game model with four economic agents : monetary authorities, government, foreign firms and domestic firms. We explore the optimal exchange rate regime for Morocco under new conditions such as the presence of a compensation fund’s effect, restrictions on capital outflows, etc. Starting with a first simulation based on actual economic parameters, the results show that losses under a flexible exchange rate regime are lower than losses under a fixed exchange rate regime. Varying different parameters allows discovering the ‘appropriate level’ from which monetary authorities should move toward the flexible exchange rate.
Key-words: Capital account liberalization, Exchange rate regime flexibilization, compensation fund, Real exchange rate, and game theory.

Citer ce document :
Ezzahid, E. & Maouhoub, B. (2019). Capital account liberalization in morocco: is it compatible with fixed or flexible exchange rate regime?. In A. Chatri (éd). Ouverture, productivité et croissance économique au Maroc. Laboratoire d’Économie Appliquée & Policy Center for the New South. Rabat

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